L’an prochain, Bieuzy va fusionner avec sa grande voisine, Pluméliau, pour donner naissance à une nouvelle entité. Chaque commune conservera son nom. Le nom de cette nouvelle entité devrait être dévoilé fin septembre.

Élections, contestations, recours devant le tribunal administratif… Depuis les municipales de mars 2014, la vie politique de la petite commune de Bieuzy a été particulièrement agitée. Dès le début du troisième mandat de Léon Quilleré, élu maire pour la première fois en 2001, le cycle infernal des démissions, des élections puis des contestations a en effet rythmé et paralysé la vie de la commune jusqu’en janvier dernier. 

Une nouvelle élection de six conseillers, suivie de la réélection de Alain L’Aigle au poste de maire qu’il occupait depuis novembre 2017, a mis fin aux hostilités récurrentes. « Nous avons désormais un conseil municipal soudé et après une année perdue en 2017, l’équipe est au travail et elle travaille bien », se réjouissait Alain L’Aigle.

Avec l’arrivée d’un nouveau dossier sur la table des conseillers, la commune prend un nouveau tournant. Déjà évoqué publiquement, il y a quelques années, le sujet de la fusion avec la commune voisine de Pluméliau est redevenu d’actualité au printemps dernier. La baisse des dotations de l’État et celle des aides de la communauté de communes justifient en partie cette absolue nécessité. « Ces baisses sont dramatiques pour les petites communes, regrette le maire. Nous n’avons plus la capacité d’investir. »
Mais cette fois, entre les deux communes séparées par le Blavet, d’autres éléments plus concrets ont contribué à nourrir la réflexion.

Jouer la carte du tourisme

La fusion récente des communautés de Baud, Locminé et Saint-Jean-Brévelay au sein de Centre Morbihan communauté fait partie de ceux-là. « Dans une collectivité de cette taille, une commune de moins de 800 habitants comme la nôtre ne pèse rien, assure le maire. En fusionnant avec Pluméliau, nous serons la deuxième commune la plus importante de la communauté. » 

Surtout, cette fusion, « et pas une absorption », tient à spécifier le maire, devra permettre d’engager un vaste projet de développement autour du tourisme. « Avec les boucles du Blavet, les landes du Crano ou encore le golf, nous avons de sérieux atouts dans ce domaine, assure Alain L’Aigle. Et puis, à Saint-Nicolas-des-Eaux, le Blavet ne doit plus être une frontière entre nos communes mais un trait d’union. »

Un tel projet n’est jamais salué à l’absolue majorité par les habitants. Bieuzy, comme Pluméliau, n’ont pas échappé à la règle. Une pétition pour s’y opposer a même circulé. À la fin du printemps l’un à près l’autre, les deux conseils municipaux ont voté pour la fusion à une très large majorité.

Reste désormais à trouver un nom à cette nouvelle entité. Une boîte à idées a été installée à la mairie, et tous les habitants de la commune, âgés de plus de 10 ans, sont invités à faire des propositions jusqu’à la mi-septembre. À la fin de ce même mois, les deux conseils se réuniront pour choisir le nom de cette commune nouvelle.

 3 QUESTIONS AU MAIRE, Alain L’Aigle 

Élu conseiller sur la liste de l’ancien maire en 2014, Alain L’Aigle est devenu le premier magistrat de la commune en novembre 2017. Installé à Bieuzy depuis une dizaine d’années, cet ancien cadre d’Air France, s’est investi pleinement dans son mandat. 

Les conseils municipaux de Bieuzy et Pluméliau ont voté la fusion.
Quel va être le calendrier pour la création de cette nouvelle entité ?

Nous attendons que le préfet signe l’arrêté portant sur la création de cette commune nouvelle qui sera effective au 1er janvier 2019. À partir de cette date et jusqu’à la fin du mandat, les 15 conseillers de Bieuzy et les 27 de Pluméliau, soit 41 élus, siégeront ensemble. Il y aura une nouvelle élection du maire, du maire délégué et des adjoints. À partir des élections municipales de mars 2020, le conseil municipal de cette commune nouvelle ne comptera plus que 29 élus.

Comment convaincre les habitants que cette fusion est une bonne chose pour la commune ?

Au fil des ans, Bieuzy s’est repliée sur elle-même et a vu sa population stagner. L’exemple du lotissement illustre parfaitement les difficultés que nous rencontrons. Nous avons baissé le prix à 1 € le m2 et nous n’avons que quatre lots sur 18 qui ont trouvé acquéreur. Si nous n’arrivons pas à rendre notre commune attractive, nous continuerons à stagner, et, à terme, nous finirons par perdre des habitants.

Justement, comment comptez-vous rendre Bieuzy plus attractive ?

La fusion avec Pluméliau va nous apporter des moyens supplémentaires pour investir et lancer de nouveaux projets : rénover ou reconstruire notre école, créer des infrastructures et équipements sportifs à destination des jeunes, rénover notre mairie, poursuivre l’aménagement et la sécurisation du bourg, développer le centre de secours… Nous avons un gros potentiel pour développer le tourisme vert autour de Saint-Nicolas-des-Eaux. Mais pas seulement. Nous avons de nombreux circuits de randonnée et un golf qui semble avoir des projets d’extension. Ce sont des atouts qu’il faut développer, d’autant qu’avec le camping et les gîtes, nous avons une capacité d’accueil importante.

Enfin, nous allons pouvoir apporter aux habitants de Bieuzy la même qualité des services que ceux qui sont proposés aux habitants de Pluméliau : développement du service enfance jeunesse, des services à la personne, actions en faveur des jeunes et des personnes fragiles notamment.