Tout au sud des Côtes-d’Armor, à la frontière du Morbihan : Le Cambout. Moins de 500 âmes, des terres agricoles et un tissu associatif aussi soudé que dynamique. 

Affiliée à Plumieux, la commune du Cambout a pris son indépendance le 1er janvier 1866 et comptait alors 1 100 habitants. Elle tire son nom d’anciens seigneurs du Cambout qui y possédaient un château. Aujourd’hui de cette noble famille, il ne reste plus que le nom. L’habitat seigneurial ressemble d’avantage à une longère rénovée et habitée. À proximité se dressent l’église et l’ancien presbytère, réhabilité en logements municipaux.

Les deux écoles ont fermé, la publique en 1977 et la privée il y a deux ans. Les jeunes Cambutiades bénéficient de différents ramassages scolaires pour aller soit dans le Morbihan à La Trinité-Porhoët, Ploërmel, Bréhan, Pontivy ou encore Josselin, soit dans les Côtes-d’Armor à Loudéac et Plumieux. « J’ai du me battre pour pouvoir proposer ce service », assure le premier édile de la commune. 

À la lisière du Morbihan

Le Cambout est suitée au sud des Côtes d’Armor, aux portes du Morbihan. À quelques mètres du bourg, la forêt de Lanouée fait office de frontière. « Notre position géographique nous permet de bénéficier des infrastructures morbihannaises », souligne le maire, Jean-Noël Lagueux. Comme par exemple le pôle santé de Bréhan, à 4 km du Cambout.

Avec deux commerces dans le centre-bourg, un restaurant et une boulangerie-pâtisserie, la commune a compté d’autres boutiques comme la boucherie-charcuterie-bar de la mère du premier élu. À quelques mètres de la mairie c’est d’ailleurs là qu’il est né, il y a 63 ans. « J’ai vécu toute ma vie ici, au Cambout », sourit l’agriculteur retraité. 

Tout petit déjà, ce passionné par sa commune, arpentait la mairie et se voyait avec l’écharpe tricolore. Huitième maire, il exerce actuellement sa quatrième mandature. « Il faut aimer les gens et être à leur service. Je reçois chaque vendredi soir en mairie les personnes qui souhaitent me rencontrer. »

Pendant ce temps-là, la conseillère Suzanne, Britannique de son état, donne gratuitement des cours d’anglais dans la salle du conseil. Elle accueille des élèves de tous niveaux d’octobre à avril.

Des associations qui assurent

Avec une bonne dizaine d’associations, Le Cambout se bouge et constitue un tissu associatif dense. Derrière la mairie, la salle polyvalente résonne tous les mardis soir aux sonorités des danses bretonnes. Une soixantaine d’adeptes de laridée, de l’an-dro et autres joyeusetés attirent les danseurs. Pour ceux qui préfèrent le théâtre, la troupe des Gués Lurons, donne quatre représentations par an dans la commune, plus trois autres dans le Morbihan. « Et ça cartonne », assure le maire. 

Il peut aussi s’appuyer sur l’association À pied, à vélo, le club de la Gaité qui jouit d’un boulodrome couvert, l’entente de football, l’Esap qui s’entraîne sur le terrain du Cambout équipé de projecteurs ou encore la société de chasse et sa trentaine de membres.

« Si pour une opération coup de poing j’ai besoin d’un coup de main, comme monter un chapiteau, nettoyer le bourg, je sais que je peux compter sur les associations. Ça permet de maintenir le tissu.»

 

3 question au maire, Jean-Noël Lagueux

Élu depuis 1995 à la tête du Cambout, le natif de la commune baigne dans la politique depuis 1983, lorsqu’il a été élu conseiller municipal. Retraité de l’agriculture en production laitière, Jean-Noël Lagueux exerce depuis 2006 la fonction de président du syndicat des eaux et est vice-président à Loudéac communauté Bretagne Centre. 

Quel est votre rôle au sein de la communauté de communes ?

Je suis en charge de la commission agriculture et environnement. C’est plutôt cohérent en tant que président du syndicat des eaux. Il concerne 12 communes, plus de 20 000 personnes et 650 km de réseaux. L’objectif est de servir tout un territoire en eau potable. Au Cambout, tous les réseaux d’eau et d’assainissement ont été refaits à neuf ces dernières années. Pour Loudéac communauté Bretagne Centre, je peux être amené à vérifier la qualité de l’eau par exemple. 

Ensuite, je travaille directement avec les agriculteurs. Étant de la profession, ça aide à mieux dialoguer. D’ailleurs depuis 2011, une aide forfaitaire de 15 000 € à l’installation des agriculteurs est allouée sur notre territoire, c’est-à-dire 42 communes. C’est la plus importante au niveau national.

L’activité économique principale du Cambout est l’agriculture…

Il y a une trentaine d’exploitations sur notre commune. De l’élevage, du lait ou de la culture. D’ailleurs, sur les 1 860 hectares du Cambout, 1 680 ha sont des terres arables.

Nous avons aussi notre zone d’activités en bord de départementale, avec cinq entreprises, soit une cinquantaine de salariés. À cela s’ajoute les artisans, un menuisier, un électricien, un plombier et un chauffagiste. Nous avons pas mal de services, il nous manque un mécanicien.

Quels sont les événements qui rythment la vie communale ?

Depuis 2005 nous organisons tous les ans, le troisième week-end d’août, une course pédestre qui s’appelle la virée de Nounours. Le départ est donné à Bréhan, le parcours de 15 km prévoit de longer Le Lié, avec une arrivée en début de soirée à l’étang de la Guée aux Loups. Sous notre chapiteau, nous faisons une pasta party. Avec 380 coureurs et 250 marcheurs, ce rassemblement festif se termine à l’aube !

Sinon notre club de jeunes, le Boucan, pour Le Cambout à l’envers, a remis au goût du jour la soirée Quartz. De 1978 à 1988, c’était tous les dimanches soirs dans la salle polyvalente. Depuis cinq ans, tous les mois de septembre, une soirée reprend tous les tubes des années 80, et ça marche ! À chaque fois nous enregistrons plus de 500 entrées. C’est drôle, des couples qui se sont rencontrés là-bas à l’époque, reviennent.